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En 2026, plus de 6 millions de Français n'ont pas de médecin traitant. Dans les zones rurales et périurbaines, les délais pour obtenir un rendez-vous médical se comptent en semaines, voire en mois. Les élus locaux sont en première ligne de cette crise, mais ils ne sont pas démunis : plusieurs leviers concrets existent pour maintenir une offre de soins sur leur territoire.
1. Un constat alarmant
La démographie médicale française est en crise structurelle. Selon l'Atlas 2024 du Conseil National de l'Ordre des Médecins, le nombre de médecins généralistes en activité régulière a diminué de 6 % en dix ans, alors que la population a continué de croître. Le phénomène est particulièrement marqué dans les communes de moins de 5 000 habitants.
L'indicateur d'Accessibilité Potentielle Localisée (APL), calculé par la DREES, mesure le nombre de consultations accessibles par habitant et par an dans un rayon de 15 minutes en voiture. En 2023, 8,6 millions de Français vivaient dans une zone où l'APL était inférieure au seuil critique défini par l'ARS.
Les conséquences sont mesurables et documentées :
- Renoncement aux soins : 3,1 % de la population déclare avoir renoncé à des soins pour des raisons d'accès géographique (Eurostat, EHIS 2023).
- Saturation des urgences : plus de 21 millions de passages aux urgences par an, dont une part significative relève de la médecine générale (DREES).
- Aggravation des pathologies chroniques : un suivi médical insuffisant entraîne des complications évitables et un coût accru pour le système de santé.
- Vieillissement de la population médicale : 45 % des médecins généralistes ont plus de 55 ans, laissant présager une accentuation de la pénurie dans les années à venir.
« La question n'est plus de savoir s'il y a un problème d'accès aux soins, mais de déterminer quelles réponses opérationnelles les territoires peuvent mettre en œuvre rapidement. »
2. Quels sont les leviers des collectivités face aux déserts médicaux ?
Contrairement à une idée reçue, les élus locaux disposent de plusieurs dispositifs réglementaires et financiers pour agir sur l'offre de soins de leur territoire :
Maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP)
Regrouper médecins, infirmiers, kinésithérapeutes et autres professionnels dans un même lieu permet de mutualiser les coûts, de favoriser la coordination et de rendre le territoire plus attractif pour les jeunes médecins. Le financement est assuré par l'ARS (FIR), les collectivités et, dans certains cas, par le programme « Action Cœur de Ville » de l'ANCT.
Contrats d'engagement de service public (CESP)
Ce dispositif propose une bourse mensuelle de 1 200 € aux étudiants en médecine qui s'engagent à exercer dans une zone sous-dense pendant une durée équivalente à celle de leur bourse. C'est un levier de moyen terme : les premiers bénéficiaires du CESP arrivent sur le terrain après 9 à 12 ans d'études.
Centres de santé municipaux
Certaines communes font le choix de recruter directement des médecins en tant que salariés, via un centre de santé municipal. Ce modèle offre aux médecins un exercice salarié avec des horaires encadrés, ce qui séduit les nouvelles générations. En revanche, il implique un investissement important pour la collectivité (masse salariale, locaux, secrétariat).
Aides à l'installation
Primes d'installation, mise à disposition de locaux, prise en charge du loyer, accompagnement à la recherche de logement pour le conjoint… Ces aides sont proposées par les communes, les intercommunalités et les départements. L'ARS propose également le Contrat de début d'exercice (CDE), qui garantit un revenu minimum aux médecins qui s'installent en zone sous-dense.
3. Pourquoi la téléconsultation assistée est-elle une réponse complémentaire ?
Quand il n'est pas possible d'attirer un médecin — ou en attendant son installation — la téléconsultation assistée permet de maintenir une offre de soins de premier recours sur le territoire. Ce n'est pas une solution de remplacement, mais un complément opérationnel qui peut être déployé rapidement.
Le principe est simple : un infirmier diplômé d'État, formé aux dispositifs médicaux connectés, reçoit les patients dans un local mis à disposition par la collectivité (mairie, salle communale, EHPAD). L'infirmier réalise un examen clinique complet — auscultation, prise de constantes, examen ORL, dermatologique — et transmet les données en temps réel à un médecin connecté en vidéo, qui pose le diagnostic et rédige l'ordonnance.
Les avantages pour les collectivités sont multiples :
- Déploiement rapide : opérationnel en 4 à 6 semaines, contre plusieurs mois voire années pour une MSP ou un centre de santé.
- Coût maîtrisé : pas de recrutement médical, pas de masse salariale de médecin. La collectivité met à disposition un local et contribue aux frais de fonctionnement.
- Qualité clinique équivalente : l'examen est réalisé avec des dispositifs médicaux certifiés CE, identiques à ceux utilisés en cabinet.
- Acceptabilité : la présence physique de l'IDE rassure les patients, en particulier les personnes âgées, qui ne se retrouvent pas seules face à un écran.
- Complémentarité : le dispositif s'intègre à l'offre existante (MSP, pharmacies, CPTS) sans la concurrencer.
4. Quels retours d'expérience sur le terrain ?
Plusieurs territoires ont déjà intégré la téléconsultation assistée à leur offre de soins, avec des résultats encourageants :
Seine-et-Marne (77) — Zone rurale
Déploiement d'un point de téléconsultation assistée dans une commune de 2 500 habitants sans médecin depuis 18 mois. En six mois d'activité : 420 consultations réalisées, un taux de satisfaction patient de 92 %, et une réduction mesurable des passages aux urgences pour les motifs de médecine générale.
Île-de-France — Zone périurbaine
Intégration dans une MSP existante pour absorber la surcharge de patients liée au départ à la retraite d'un des deux médecins du cabinet. Résultat : une réduction de 28 % du délai moyen de prise en charge et l'ajout de 15 créneaux de consultation par semaine, sans recrutement médical supplémentaire.
5. Comment agir concrètement ?
Pour les élus qui souhaitent explorer cette piste, la démarche commence par un diagnostic territorial : une analyse des besoins de santé du territoire, des ressources existantes et des lieux d'implantation pertinents. Ce diagnostic, réalisé en concertation avec l'ARS et la CPTS locale, permet de dimensionner le dispositif et de constituer les dossiers de financement.
MC-Services propose un accompagnement complet : du diagnostic initial au déploiement opérationnel, en passant par la formation des IDE et le conventionnement avec les médecins téléconsultants. L'objectif est de fournir aux collectivités une solution clé en main, conforme au cadre réglementaire et financièrement pérenne.
« La lutte contre les déserts médicaux ne repose pas sur une solution unique. C'est la combinaison intelligente de plusieurs leviers — MSP, CESP, centres de santé et téléconsultation assistée — qui garantira l'accès aux soins pour tous. »
MC-Services
Association loi 1901, opérateur de téléconsultation assistée en présentiel. Nous accompagnons les collectivités et les CPTS dans le déploiement de solutions de télémédecine accessibles et humaines.
Sources et références
- Conseil National de l'Ordre des Médecins, Atlas de la démographie médicale 2024.
conseil-national.medecin.fr - DREES, « Les déserts médicaux en France », Études et Résultats n° 1295, décembre 2023.
drees.solidarites-sante.gouv.fr - Eurostat, European Health Interview Survey (EHIS), données 2023.
ec.europa.eu/eurostat - Cour des Comptes, Rapport sur l'accès aux soins de premier recours, 2024.
ccomptes.fr - Ministère de la Santé, « Ma Santé 2022 » — Contrats d'engagement de service public (CESP).
solidarites-sante.gouv.fr - ANCT, Programme « Action Cœur de Ville » et appel à projets « Tiers-lieux de santé ».
agence-cohesion-territoires.gouv.fr
